US Open : au bout d'un monument face à Daniil Medvedev, Rafael Nadal remporte son 19e Grand Chelem

Au terme d'une finale épique de 4h51 où il a gâché un avantage de deux sets à rien (plus un break), Rafael Nadal a fini par battre un Daniil Medvedev héroïque (7-5, 6-3, 5-7, 4-6, 6-4) pour empocher son 19e titre en Grand Chelem, le quatrième à l'US Open. Dingue !

C'est une de ces soirées qui restent dans les mémoires. Celles des acteurs, bien sûr, de leur staff et de leurs proches, mais aussi des spectateurs, quelque 23 000 chanceux qui garderont précieusement le ticket de ce monument. Il y eut, entre autres, Nadal-Federer en finale à Wimbledon en 2008, Federer-Roddick en finale à Wimbledon en 2009, Nadal-Verdasco en demi-finales à l'Open d'Australie en 2009, Djokovic-Nadal en finale à l'Open d'Australie en 2012, Djokovic-Federer en finale à Wimbledon en 2019. Il y aura désormais Nadal-Medvedev en finale à l'US Open en 2019. Par son scénario, ses rebondissements, son intensité et, parfois, son niveau de jeu extraordinaire, ce match, au cours duquel 41% des points se seront terminés au filet - inimaginable en début de partie - entre directement dans le cercle très fermé des rencontres légendaires.

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Le film du match

Dimanche soir, dans un stade Arthur-Ashe progressivement entré en fusion, Rafael Nadal a remporté le dix-neuvième Grand Chelem de sa carrière, le quatrième à l'US Open (2010, 2013, 2017 et 2019) en dominant Daniil Medvedev en cinq manches et 4h51 (7-5, 6-3, 5-7, 4-6, 6-4). L'Espagnol de trente-trois ans revient à une unité de Roger Federer et reprend un petit matelas d'avance sur Novak Djokovic et ses seize sacres Majeurs. Mais au bout d'une telle soirée, la course au « GOAT » paraît bien secondaire.

Deux sets et un break d'avance, puis...

Pendant deux sets et demi, Nadal avait fait respecter la hiérarchie. Après une entame délicate, un avertissement pour dépassement de temps au service d'entrée - le premier d'une longue série - et un break concédé dès le troisième jeu du match, l'Espagnol prit progressivement le dessus. Au milieu de parfums gras, entre le hot dog trop cuit de la buvette, la bière tiède du voisin et la flaque de sueur flottant au coeur d'une humide journée new-yorkaise, le résultat paraissait alors inéluctable.

Corrigé (6-3, 6-0) en finale du Masters 1000 de Montréal il y a un mois, Medvedev savait pourtant ce qu'il devait faire. Le 5e mondial usa de tout son arsenal pour pour faire dérailler la machine espagnole. Sans doute inspiré par Matteo Berrettini, il glissa quelques amorties, joua des balles molles plein centre, mutliplia les revers courts croisés et tenta de prendre le filet, parfois juste derrière son service. Tout ça lui avait permis de remporter vingt de ses vingt-deux derniers matches et d'enchaîner quatre finales, dont un titre à Cincinnati, en six semaines. Cette fois, cela suffisait tout juste à tenir une heure avant de céder la première manche...

Rapidement, le n°2 mondial menait 7-5, 6-3, 3-2, break en poche et semblait foncer vers le sacre. Mais dans la foulée d'une volée de coup droit facile ratée, il offrit le débreak à Medvedev et le match se transforma subitement. Le Russe, incroyable de résilience, trouva un second souffle. Il mit au supplice le Marjoquin dans d'interminables rallyes qu'il remportait presque systématiquement et revint logiquement à deux manches à une. Au quatrième set, il sauva plusieurs balles de break avec un incroyable courage - service volée sur deuxième balle à 2-2 ! - et profita du bras tremblant de son adversaire à 5-4 pour égaliser.

Medvedev héroïque, Nadal en larmes

Nadal n'avait jamais perdu une finale de Grand Chelem après avoir mené deux sets à zéro. Medvedev n'avait jamais gagné le moindre match en cinq manches de sa carrière. Tout allait-il changer ce dimanche ? Après avoir bruyamment encouragé le retour du Russe en fin de troisième set, le public prit fait et cause pour l'Espagnol. A bout de souffle en fin de quatrième, « Rafa » réaccéléra, on ne sait trop comment. Medvedev parut au contraire avoir les jambes bien lourdes. En difficulté côté revers, il concéda le premier break à 2-2, après avoir pourtant mené 40-0.

Sanctionné plusieurs fois pour dépassement de temps au service tout au long de la manche décisive, ce qui l'obligeait à servir directement une deuxième balle, Nadal tint son engagement et réussit le double break dans la foulée. Mais à 5-2, 15A, il remporta un rallye dantesque qui sembla lui couper les jambes. Il perdit les trois points suivants et son premier break d'avance. A 5-3, il se procura malgré tout deux balles de match. Toujours aussi héroïque, Medvedev les sauva tour à tour : revers gagnant long de ligne et service volée sur deuxième balle, encore !

A 5-4, l'Espagnol, épuisé, trahi par son premier service, sauva tant bien que mal une balle de break. Deux points plus tard, un dernier retour du Russe sortit en longueur. Nadal s'écroula de tout son long, sur le dos. Après avoir enlacé son malheureux adversaire, il fondit en larmes, assis sur son banc, en voyant défiler ses dix-neuf sacres en Grand Chelem dans une vidéo diffusée sur les écrans géants du stade. L'émotion au bout d'un combat inoubliable.

publié le 9 septembre 2019 à 03h09 mis à jour le 9 septembre 2019 à 09h21
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mcfIyxl le 09 septembre 2019 à 07h23

En tout cas avec un match comme celui la je vous présente le GOAT j ai nommé le grand Nadal. Bientôt N° 1 mondial.

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