Gaël Fickou (Bleus) : « On est parés à toutes les éventualités »

Gaël Fickou assure que les Bleus ne sont pas trop stressés avant le début de la Coupe du monde. (A.Mounic/L'Equipe)

Gaël Fickou, qui sera titularisé au poste de premier centre pour affronter l'Argentine samedi, évoque les qualités de l'adversaire des Français mais aussi la confiance qui anime ses coéquipiers et lui avant le début de la Coupe du monde.

« Vous posez enfin vos valises à Tokyo, comment vous sentez-vous à l'approche du grand jour ?
Nous sommes contents d'arriver à Tokyo parce qu'il paraît que c'est une ville géniale, mais on avait surtout hâte d'y arriver, justement, parce que le match approche et que l'on est là pour ça ! On a vraiment bien travaillé sur cette équipe d'Argentine. On sait leurs points forts et leurs points faibles. On sait ce dont ils sont capables. Pendant deux mois et demi on a cravaché très dur. Maintenant il faut garder de la fraîcheur et de l'envie. Mais on sera prêt samedi. Je n'en doute pas.

Avez-vous essentiellement étudié le jeu des Pumas, des Jaguares (la franchise de Super Rugby quasiment identique) ou les deux ?
Les Pumas ! Même si une immense majorité des Jaguares font partie de la sélection nationale. Il y a tout de même trois ou quatre joueurs qui viennent les renforcer et ils vont leur faire du bien. Des garçons comme Nicolas Sanchez (demi d'ouverture du Stade Français). C'est un gros leader de leur équipe. Donc on se concentre sur leur équipe nationale et pas sur leur province.

À quoi vous attendez-vous face à eux ?
Il y aura certainement quelques évolutions par rapport à leurs prestations dans le Rugby Championship (tournoi entre les quatre grandes nations de l'hémisphère sud), en touche par exemple, ou sur les lancements de jeu après mêlées, mais ils n'auront pas tout révolutionné non plus en quatre semaines. La philosophie de l'équipe restera la même. Ils ont des joueurs véloces qui se déplacent beaucoup. Alors pas toujours de la bonne façon, mais ils le font tous avec énormément d'envie. Je pense aussi qu'ils ont un très gros mental. Ils conservent très bien et longtemps le ballon au milieu du terrain. Ils sont très forts sur ce secteur en particulier. On sait qu'à ce niveau, nous n'aurons pas le droit à l'erreur, qu'il faudra être présents et très agressifs dans les rucks. Après, à nous de leur imposer notre façon de jouer et surtout notre agressivité.

Pour défier une équipe qui se connaît sur le bout des doigts vous allez opposer la plus jeune formation du premier tiers mondial. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
Que l'avenir sera bon... (sourire) Nos jeunes apportent de l'envie, de la vitesse. Je pense à Romain (Ntamack), Antoine (Dupont), Damian (Penaud) qui sont de super joueurs. D'ailleurs on a aussi de très bons jeunes devant...

Vous parliez de Nicolas Sanchez qui évolue avec vous à Paris. Cela vous donne-t-il un avantage de connaître les formes de jeu dans lesquelles il est à l'aise et celles où il peut se retrouver en difficulté ?
Si on le laisse jouer, ce sera compliqué de défendre, notamment parce qu'il a un très bon jeu au pied, qu'il est très technique et qu'il aime garder les ballons. Après je crois aussi que si on lui met énormément de pression, qu'on l'agresse, et qu'on arrive à bien le cerner lui, on aura maîtrisé 50 % de leur équipe.

« Là, c'est une Coupe du monde qui commence. Tout est remis en question »

L'équipe de France est en difficulté sur ses résultats depuis de longues saisons, mais est-ce que le fait d'avoir battu l'Argentine en novembre dernier (28-13) et même là-bas, à Tucumán, en juin 2016 (27-0), change l'appréhension que vous avez de cette rencontre ?
Il ne faut pas se focaliser là-dessus. C'est du passé. Là, c'est une Coupe du monde qui commence. Tout est remis en question. Nous allons affronter une nouvelle équipe, au moins sur l'état d'esprit. Je crois qu'il n'y a pas vraiment de matches sur lesquels on peut se référer. Chaque match sera différent et on repart tous à zéro. Les mecs vont se transcender et vont entrer sur le terrain pour jouer leur vie comme nous allons le faire.

Et vous ne ressentez aucun stress, même d'un point de vue collectif avant ce qui est sans doute le match le plus important depuis 4 ans ?
Sincèrement, on ne le ressent pas trop. On rigole beaucoup, on prend énormément de plaisir en dehors du terrain. Pour l'instant on est détendus, on a confiance en nous et on s'entraîne sereinement. On verra par la suite...

Existe-t-il au moins une appréhension par rapport aux caprices climatiques ?
C'est vrai que cela peut être embêtant. Il risque d'y avoir du brouillard, de pleuvoir, bon... On y est préparés aussi. Alors on ne pensait pas autant, mais c'est une donnée à prendre en compte et il faudra se servir du jeu au pied.

Est-ce que l'inconnue de la météo peut compter par rapport à ce que vous avez préparé et ce que l'on ressent dans les discours à savoir une forte envie de jouer et de mettre de la vitesse ?
Non, parce que l'envie et le mouvement, il y en aura toujours, sauf qu'il faudra sans doute plus alterner, mettre de la pression par le pied pour les faire reculer, parce que ce n'est pas facile de contrôler le ballon quand il pleut. Mais on est parés à toutes les éventualités. »

publié le 18 septembre 2019 à 13h25 mis à jour le 18 septembre 2019 à 14h56
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frankyST le 18 septembre 2019 à 15h58

Il y a un moment où critiquer est dépassé ; les vrais amoureux du rugby , assez souvent anciens petits joueurs comme moi , sont des gens libres et ont bien le droit de donner un avis. Mais à moment donné , il faut être derrière nos Bleus ! allez les petits !!

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