Gwladys Nocera : « Cette Solheim Cup va être très spectaculaire »

Présente au sein de l'équipe européenne en tant qu'aide de camp, Gwladys Nocera, quatre Solheim Cup au compteur, offre son regard sur Céline Boutier, le parcours de Gleneagles et les chances de l'Europe.

« Quel est votre rôle cette semaine à Gleneagles ?
Je suis helper, un peu dans la veine de ce qu'avaient fait Grégory Havret et Raphaël Jacquelin lors de la Ryder Cup 2 018. Je ne suis pas vice-capitaine, mais j'aide l'équipe du mieux que je peux. Je suis là pour répondre aux questions des filles si besoin et pour compléter le staff car il y a quand même 12 joueuses et à trois, c'est un peu léger. On est donc cinq ou six helpers pour faciliter le truc et faire aussi en sorte que les infos circulent bien au sein de toute l'équipe.

Comment définir l'ambiance de cette épreuve si spéciale ?
Une Solheim Cup c'est une finale de grand chelem de tennis sur trois jours. Il y a énormément de pression, chaque coup est ultra-important, le public vient en masse suivre les matches en faisant le plus de bruit possible. L'intensité est très grande pendant ces trois jours de compétition. L'ambiance est dingue parce que c'est un tournoi par équipe qui n'a lieu que tous les deux ans. Chaque point est hyper important pour les deux camps. C'est vraiment une finale de grand chelem tous les jours pendant trois jours.

Céline Boutier vivra ce vendredi sa première sélection, comment la trouvez-vous depuis le début de cette semaine ?
Elle est bien. Elle est très concentrée sur ce qu'elle a à faire pour être performante. Et je trouve que c'est une très bonne attitude car chaque joueuse doit trouver sa propre manière d'apporter des points à l'équipe. Céline est discrète, mais c'est sa personnalité. Elle est très sérieuse et appliquée sur le parcours et je la trouve hyper bien impliquée dans l'équipe. Ça se passe très bien pour elle. Je pense qu'elle est prête.

Vous souvenez-vous de votre première Solheim Cup ? Qu'aviez-vous ressenti ?
Oh oui... J'étais terrorisée ! Au départ du 1 de mon premier match, je tremblais tellement qu'après deux tentatives je n'avais pas réussi à poser ma balle sur le tee. J'avais même regardé mon caddy du coin de l'oeil en me disant que j'allais avoir besoin de lui pour y arriver. Mais une fois le premier coup tapé, les choses sont moins violentes et c'est le sport qui l'emporte. C'est le genre de moments que permet une Solheim Cup et dont on se souvient toute une carrière, toute une vie.

Est-ce que Céline Boutier vous a sollicité justement pour bien gérer ce genre de moments ?
Elle m'a posé quelques questions oui. Mais pas tant que ça. On a discuté des caddys, de la pression oui... Et puis de plein choses qui restent entre joueuses (rires). Elle vit plutôt le truc à sa façon, toujours tout en discrétion, mais avec beaucoup d'application et d'envie. Elle ne change pas sa façon d'être ou de faire parce que c'est la Solheim. Et c'est à mon sens la meilleure façon d'y performer.

Le parcours de Gleneagles favorise-t-il le jeu des Européennes ?
C'est un parcours qui garde quand même un côté très américain dans son tracé. Il exige une bonne longueur générale car il a beaucoup plu ces derniers jours et il est assez mou dans l'ensemble. Il sèche bien depuis quelques jours, mais les fairways étaient très humides en début de semaine. Je crois malgré tout que l'Europe a un avantage niveau longueur. Les filles tapent à mon sens un peu plus fort. Mais à ce niveau de jeu, ça se joue davantage à un putt d'1m qu'à un drive à 300 m. Donc ça va être très serré.

« L'ambiance est très détendue, très calme et reposante dans le vestiaire. Chacun et chacune semble être à sa place, bien dans ses baskets que ce soit les joueuses, les caddys, le staff. »

Quelle est l'ambiance du vestiaire côté européen ?
C'est très détendu, très calme et reposant. Chacun et chacune semble être à sa place, bien dans ses baskets que ce soit les joueuses, les caddys, le staff. On ne ressent pas d'inégalité entre certaines joueuses comme j'ai pu le vivre dans certaines équipes. Tout le monde s'entend bien, c'est léger. Catriona Matthew a effectué un super boulot en sélectionnant les bonnes joueuses, en étant sûre que tout le monde soit serein, calme. Bien sûr les choses évoluent forcément une fois le tournoi en route. Mais je trouve l'ambiance très agréable.

À quel point la tribune du 1 est-elle impressionnante cette année ?
Elle est énorme ! C'est chouette d'ailleurs de voir les tribunes grossir d'éditions en éditions. C'est bon signe pour le golf féminin, pour le golf européen. Ça veut dire que l'intérêt pour l'épreuve va croissant. L'ambiance y est dingue, le niveau de jeu est vraiment très bon. Cette Solheim Cup va être très spectaculaire.

La Solheim Cup est-elle importante pour promouvoir le golf européen féminin, d'autant plus avec un LET, le Tour européen féminin, qui n'est pas en bonne posture ?
C'est très précieux bien sûr. D'autant qu'on ne sait pas jusqu'à quand la Solheim Cup continuera. Les meilleures mondiales ne sont pas toutes présentes puisqu'elles sont presque toutes coréennes, australiennes ou canadiennes. C'est important que les Européennes gagnent, pour aider le Tour européen et crédibiliser les joueuses européennes.

Sur le papier l'Europe est loin d'être favorite, croyez-vous malgré tout à une victoire ?
Clairement oui. L'équipe américaine est assez jeune, elles comptent pas mal de débutantes à l'épreuve. De ce que j'ai vu et de ce que j'entends, l'Europe a une grosse chance de récupérer la coupe. Il va falloir regarder ça de près ! »

publié le 12 septembre 2019 à 18h56